Je ne suis pas allé à la soirée Grafika. J’ai un fils de 3 ½ ans qui m’attendait sagement à la garderie. Cela dit j’aurais bien aimé y être pour voir quelques collègues du club du vieux poêle et cette dynamique relève à qui j’ai enseigné depuis déjà 15 ans. C’est donc avec excitation que j’ai reçu le magazine du concours Grafika 2009 et, vous vous en doutez, j’ai sauté sur la section emballage, pour voir les merveilles conçues cette année.
I couldn’t get to 2009 Grafika Gala but I was very excited to see what would be the best Quebec packaging designs. What a disappointment when I realized that there was only 5 winners including two wine bottle labels (that’s not really package it’s more sticker design) and this odd but cute piece of art that could only qualify as packaging if being a box is the only criteria to call it as such. Mind you, there is a little more to packaging than that to me.

L’excitation fut de courte durée malheureusement. Cinq projets au total dont ; deux projets intéressants mais pas exceptionnels que je vous présente ci-haut; deux étiquettes de bouteilles de vin (on ne parle pas vraiment de packaging ici mais d’étiquetage) et finalement ; un emballage qui n’en est pas vraiment un puisqu’il s‘agit, si j’ai bien compris, d’une pièce unique (très mignonne d’ailleurs) pour laquelle, parler de packaging serait pour le moins en étirer le sens.

Le design d’emballage est une discipline intimement liée à une activité économique et au commerce et est à elle seule un portrait d’une société, de ses valeurs et témoigne du dynamisme de son économie. En écrivant cette phrase, je réalise qu’en fait, il ne faut peut-être pas s’étonner d’une si piètre récolte puisqu’elle est simplement le reflet bien réel de la situation du marché québécois. Qu'est-ce qui se passe au Québec? Je n’ai pas de réponse à cela, mais ça me préoccupe beaucoup. Est-ce la faute des clients ou sommes nous les principaux responsables?
Je regarde ensuite les autres catégories où je trouve des pièces fabuleuses, (bravo Paprika, Orange-Tango, Feed, etc) et ça me réjouit de voir le haut niveau. Du coup, je me questionne sur ce qui peut bien justifier une telle différence entre la catégorie packaging et les autres. C’est alors que je commence à regarder les projets gagnants et surtout les clients : troupes de théâtre, pièce auto promotionnelle, pièce auto promotionnelle, pièce auto promotionnelle, pièce unique, musée machin, soirée machin, etc. etc. Oui bien sûr il y a quelques rapports annuels (dont celui de Cascades fait par Paprika qui semble fantastique), mais très peu de producteur, fabricant ou autres moteurs économiques majeurs. Ça fait quoi me direz-vous? Pas grand-chose, sauf peut-être si on se demande à qui ça sert tout ça et surtout à combien de personnes ses «œuvres» sont-elles destinées.
After looking at the other works that were very impressive, I realized that a large percentage of them were self-promotional, unique prints, theatre play posters, self-promotional, marginal stuff and… did I say self-promotional?Qui profitent de ce design ? À qui parlons-nous? Pire, sommes nous notre propre audience? Faisons-nous du design pour designer ? J’aime croire que c’est plus intéressant que ça, parce que sinon, je ne peux que penser à cette phrase d’Alejandro Magallanes :
«Faire du design uniquement pour les designers et pas pour les gens, c'est comme manger notre propre merde et la trouver bonne.»The point here is that design is a portrait of the commerce and economy and if we only produce marginal stuff, it could be great for designers, but it also tells us a lot about what’s going on in this country. I always associated design to serve people. So, whom are we talking to? Are we designing for designers or are we improving people’s life with our work? I stopped looking at the Grafika magazine and started to think about this great quote from Alejandro Magallanes : "Designing for designers and not for the people is like eating our own shit and taste it good".